Un mal qui répand la douleur,
Mal que la JAF en sa fureur,
Inventa pour punir de la France les pères
La JAF (puisqu’il faut bien l’appeler par son nom)
Habile à bousiller des enfants par millions
Faisait aux géniteurs la guerre.
Ils ne mourraient pas tous, mai tous étaient frappés
On n’en voyait point d’occupés
A fuir par tous moyens telle patriclastie ;
Nul but n’excitait leur envie
L’avocasserie seule épiait
Ces très enrichissantes proies.
Les mères jubilaient :
Plus de pères, donc plein de joie.
Visée, la JAF, un jour, dit à ses chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour notre honneur cette infortune ;
Que le plus coupable de vous
Se sacrifie aux traits du jafien courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai ruiné cent pères moutons.
Qu’ai-je fait pour eux ? Deux audiences
Même il m’est arrivé quelquefois de plaider
La résidence partagée.
Je me dévouerai donc, s’il le faut, mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse autant que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
Avocat, dit l’expert, tu es bien trop bon Roi ;
Tes scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, pères ruiner, et bousiller jeunesse,
Est-ce un péché ? Non, non. Tu fis, Avocasseur,
En les ruinant notre bonheur.
Quant à la R.A. l’on peut dire,
Qu’elle est source de nos lingots,
Etant de ces gens-là qui sur leurs chers marmots
Se font un financier empire.
Ainsi dit le psychiatre, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Des sociaux travailleurs ou des autres nuisances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous ces gens bienfaiteurs, et des pires crapules,
Au dire de chacun, étaient nus de scrupules.
Vint du père le tour, qui dit : J’ai souvenance
Que lors d’une audience, en passant,
L’amour de mon enfant, la tendresse, et je pense
Quelque sentiment me poussant,
Pour la garde alternée je pendis bien ma langue.
J’avais LA loi pour moi, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on hurla sur ce père pas net.
Un JAF, Code à l’appui, prouva par sa harangue
Qu’il fallait bafouer ce maudit animal,
Ce père, ce salaud, qui leur faisait du mal.
Son culot fut jugé un cas bien sûr pendable.
Eduquer un enfant ! Quel crime abominable !
Seule une mère en est capable
Décision à l’appui, son argent on fit voir.
Selon que vous soyez Très sainte ou géniteur,
Les jugements des JAF vous font mère ou payeur.
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